Études de Cas
Sites naturels

Chaos du Gouët : jusqu'où mesurer une fréquentation avant de songer à fermer un site fragile ?

21 Aug 26
Communauté d'Agglomération Saint-Brieuc Armor Agglomération
10/10
Score de recommandation exprimé par le client

Depuis juin 2024, la Communauté d'Agglomération Saint-Brieuc Armor Agglomération suit la fréquentation piétonne et cycliste du site naturel des Chaos du Gouët à l'aide de trois compteurs Kiomda, dont un boîtier modulable déplaçable selon les besoins. Les données, remontées toutes les 15 minutes, servent en interne à anticiper une éventuelle fermeture temporaire si la fréquentation dépasse un seuil jugé incompatible avec la préservation du site.

Key Points icon
Points clés
  • Maître d'ouvrage : Communauté d'Agglomération Saint-Brieuc Armor Agglomération
  • 3 boîtiers doubles pratique piétons/vélos, avec caches anti-vandalisme
  • Déploiement depuis juin 2024 sur le site naturel des Chaos du Gouët (Plaintel, Plaine-Haute)
  • Un boîtier modulable, déplacé selon les besoins (actuellement sur le site d'Hillion)
  • Financement obtenu via un appel à projets du Cerema pour les sites sensibles
  • Données remontées toutes les 15 minutes, synchronisées deux fois par jour
  • Données réservées à un usage interne (agglomération et communes), non diffusées
  • Notre page thématique dédiée

    Coincé entre Plaintel, Plaine-Haute et Saint-Julien, le site des Chaos du Gouët s'organise autour de trois points d'accès aux enjeux très différents. Au Tertre au Vin, à Plaintel, point de départ historique et le plus fréquenté, une aire de stationnement canalise les flux venus de la voie rapide D700. Au centre du parcours, le secteur du Moulin de Saint-Méen, à Plaine-Haute, abrite les ruines d'un moulin du XIIIᵉ siècle et des passerelles en bois qui franchissent le torrent — des points de passage obligés où les randonneurs marquent une pause, propices à la mesure des flux piétons. Plus en aval, le secteur de Sainte-Anne-du-Houlin capte les promeneurs venus du nord ou effectuant la boucle longue.

    Ce succès a un revers : le piétinement répété fragilise la végétation et les rives de la rivière, au point que la Communauté d'Agglomération Saint-Brieuc Armor Agglomération a dû consolider certains passages et flécher un itinéraire unique pour empêcher la formation de circuits sauvages. L'objectif affiché est triple : préserver le milieu naturel, sécuriser les cheminements — entretien des passerelles, des pontons en bois et des zones glissantes sur le granit — et quantifier la fréquentation pour adapter les investissements et la protection du site selon les saisons.

    Ces travaux de préservation ont été menés en parallèle de l'installation de compteurs de fréquentation, financée via un appel à projets du Cerema dédié aux sites naturels sensibles. Depuis juin 2024, deux boîtiers doubles pratique (piétons et vélos) sont fixés aux entrées du site, à Plaintel et à Plaine-Haute, complétés par un troisième compteur modulable que l'agglomération peut déplacer sur d'autres points du territoire — il équipe aujourd'hui le site d'Hillion, moins sensible, pour vérifier si les aménagements y répondent aux attentes du public.

    L'enjeu n'est pas seulement de compter : c'est de disposer d'un seuil d'alerte au-delà duquel la préservation prime sur l'accueil.

    « Si on dépasse un certain seuil, que ça dépasse la "limite du raisonnable" (…) ça pourrait arriver de fermer temporairement pour protéger le site. »

    Le compteur, insiste la collectivité, « donne un premier repère et après on suit l'évolution ».

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    Les données ne sortent pas des murs de l'agglomération : elles restent à usage interne, partagées avec les communes concernées, sans publication ni communication externe. Sur le site d'Hillion, l'objectif diffère : vérifier la fréquentation par les sportifs — VTT, marche — pour ajuster les aménagements, plutôt que d'y détecter un risque écologique. Dans les deux cas, la logique reste la même : voir si les circuits répondent à leurs usages respectifs avant d'investir davantage.

    « Les données collectées servent à la préservation du milieu et à l'étude la fréquentation générale. Pour voir si ça fonctionne ou pas, et aussi pour voir si les circuits sont fréquentés par les sportifs (…). »

    Sur le plan du service, la collectivité ne relève pas de point faible particulier. Elle évoque un « bon suivi (contact si souci, changement batterie ok et remplacement rapide) » et un rapport qualité-prix qu'elle juge plus avantageux que d'autres prestataires du marché — deux critères qui pèsent pour un outil appelé à rester en place plusieurs années sur un site difficile d'accès, aux passerelles en bois et aux rives instables.

    Interrogée sur une note de recommandation, la collectivité répond sans détour : « 10, pas de problème. » Aucune extension n'est pour l'instant à l'étude sur d'autres sites de l'agglomération — « Pas du tout, je n'ai pas de visu là-dessus », précise-t-elle — mais le principe reste posé : un compteur mobile, déplaçable au gré des besoins, pour arbitrer entre ouverture au public et préservation d'un milieu naturel sensible.

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