
Le retour sur investissement est un concept habituellement associé aux entreprises privées : combien rapporte chaque euro investi ? Pour une collectivité territoriale, la logique est différente. L'investissement public ne vise pas à générer du profit, mais à améliorer la qualité du service public, à répondre aux besoins des usagers et à piloter les politiques territoriales de manière efficace.
Dans ce cadre, le ROI d'un compteur de passage ne se calcule pas en termes de chiffre d'affaires généré, mais en termes de valeur créée pour la prise de décision. Cette valeur peut prendre plusieurs formes : capacité à obtenir des subventions qui n'auraient pas été accessibles sans données, économie réalisée en évitant un sur-dimensionnement d'infrastructure, crédibilité renforcée auprès des financeurs et des citoyens, ou encore optimisation des investissements futurs grâce à une meilleure connaissance des usages réels.
Présenter l'achat de compteurs comme une « dépense » est une erreur de cadrage. C'est un investissement dans un outil de pilotage qui réduit l'incertitude et augmente la probabilité de succès des projets d'aménagement. Tout comme un bureau d'études ou une mission de maîtrise d'œuvre, le comptage produit une information qui a une valeur stratégique bien supérieure à son coût d'acquisition.
De nombreux programmes de financement publics — AVELO (vélo), CRTE (contrats de relance et de transition écologique), fonds européens FEDER, appels à projets de l'ADEME ou des régions — exigent désormais des données de fréquentation pour instruire les dossiers. Les financeurs veulent savoir combien de personnes utilisent réellement une infrastructure existante, et combien sont susceptibles d'utiliser celle que vous proposez de créer.
Sans données objectives, un dossier de demande de subvention repose sur des estimations. Or, les instructeurs savent faire la différence entre une estimation (« nous pensons que 200 cyclistes par jour emprunteront cette voie ») et une mesure factuelle (« nous avons compté 150 cyclistes par jour sur l'axe actuel, avec une croissance de 12 % par an depuis trois ans »). La seconde approche multiplie les chances d'obtenir le financement.
Un réseau de comptage permanent permet aussi de produire des bilans d'impact après réalisation du projet, ce qui renforce la crédibilité de la collectivité pour les dossiers suivants.
Un aménagement sous-dimensionné génère des problèmes de saturation, des conflits d'usage et une insatisfaction des usagers. Un aménagement sur-dimensionné mobilise des fonds publics pour une infrastructure sous-utilisée, ce qui est difficile à justifier politiquement et budgétairement.
Les données de comptage permettent de dimensionner les projets au plus près des besoins réels. Le coût d'un réseau de quelques capteurs (entre 3 000 et 10 000 euros selon l'ampleur) est négligeable face au coût d'un sur-dimensionnement (chaussée plus large, travaux supplémentaires) ou d'un sous-dimensionnement (reprise de travaux, conflits d'usage à gérer). Une erreur de dimensionnement peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros de surcoût ou de perte d'efficacité.
Les élus et les services techniques ont besoin de pouvoir justifier leurs choix auprès des citoyens, des oppositions politiques et des médias. Dire « nous avons créé une piste cyclable parce que nous pensons que c'est utile » est faible. Dire « nous avons mesuré 300 cyclistes par jour en moyenne sur cet axe depuis son ouverture, soit une hausse de 180 % par rapport à l'ancien itinéraire » est incontestable.
Les données de fréquentation permettent aussi de répondre aux critiques. Lorsqu'un aménagement est contesté (« cette voie verte ne sert à personne »), les chiffres de comptage mettent fin au débat subjectif. Cette fonction de légitimation est particulièrement importante dans les contextes où les investissements en faveur des mobilités actives (vélo, marche) font encore débat.
Une collectivité qui dispose de plusieurs années de données de fréquentation sur ses voies cyclables, ses sentiers ou ses espaces publics construit progressivement une mémoire territoriale. Elle sait quels types d'aménagements fonctionnent, quels axes sont saturés, quelles périodes nécessitent des renforcements, quelles zones sont sous-fréquentées malgré les investissements.
Cette connaissance accumulée devient un actif stratégique. Elle permet de prioriser les investissements futurs, de répliquer les schémas qui ont fait leurs preuves et d'éviter de reproduire les erreurs passées.
Cette capitalisation de connaissance a aussi une valeur en termes de continuité de l'action publique. Les élus changent, les équipes techniques évoluent, mais les données restent.
Cadre de calcul coût / bénéfice (réseau 10 capteurs / 5 ans)
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Le bénéfice attendu se mesure sur plusieurs axes :
À retenir : Le ratio bénéfice / coût est largement favorable dans la majorité des cas. L'arbitrage n'est pas « peut-on se permettre d'investir ? » mais « peut-on se permettre de continuer à investir sans données objectives ? »
Pour rendre l'argumentaire tangible, voici des exemples concrets de décisions éclairées par les données de fréquentation :
Dans tous ces cas, l'investissement initial dans le comptage se traduit par des décisions mieux calibrées, des services plus efficients et une légitimité renforcée.
Étape 1 : Contextualiser l'enjeu. Rappeler les projets d'aménagement en cours ou prévus et souligner que leur réussite dépend de la qualité du diagnostic et du suivi.
Étape 2 : Identifier le problème actuel. Expliquer que les décisions sont aujourd'hui prises sur la base d'estimations, ce qui génère un risque : sur-dimensionnement, sous-dimensionnement, difficulté à justifier les choix.
Étape 3 : Présenter la solution. Décrire le réseau de comptage envisagé : nombre de capteurs, localisation stratégique, technologie retenue, modalités d'exploitation des données.
Étape 4 : Chiffrer l'investissement. Présenter le coût total sur 5 ans de manière transparente.
Étape 5 : Démontrer le bénéfice attendu. Quantifier ou qualifier les gains : subventions captables, économies potentielles, crédibilité renforcée. Utiliser des exemples concrets.
Étape 6 : Proposer une phase pilote si nécessaire. Déployer 3 à 5 capteurs sur des axes stratégiques pendant un an pour démontrer la valeur avant de généraliser.
Cette approche met les élus en position de prendre une décision éclairée, avec tous les éléments pour arbitrer.
Sans comptage, les décisions sont prises sur la base d'estimations, de perceptions ou de benchmarks approximatifs. Ces méthodes comportent un risque significatif d'erreur. Un aménagement sur-dimensionné mobilise des fonds publics qui auraient pu être alloués ailleurs. Un aménagement sous-dimensionné génère de l'insatisfaction et nécessite des travaux correctifs à posteriori.
Sans données, il est difficile de justifier un projet auprès d'un financeur exigeant. Les dossiers de subvention basés sur des estimations sont moins compétitifs que ceux qui s'appuient sur des mesures objectives.
Sans données, il est également difficile de légitimer les choix auprès des citoyens. Les oppositions pourront toujours contester les chiffres avancés s'ils ne sont pas étayés par une mesure fiable.
Le coût de l'absence de données est réel : opportunités manquées, erreurs de dimensionnement, légitimité affaiblie. L'investissement dans le comptage est une assurance contre ces risques.
Face à ce coût, l'investissement dans un réseau de comptage apparaît comme une forme d'assurance : un coût modéré qui réduit significativement le risque d'erreurs coûteuses.
Si vous portez un projet de mesure de fréquentation et souhaitez structurer un argumentaire budgétaire adapté à votre contexte, Kiomda peut vous accompagner dans la construction du dossier.